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Eloge du masque

L’éloge du masque ou Haut les masques

En cette période de crise sanitaire et de port du masque obligatoire, je me suis interrogé sur la signification de cette nouvelle contrainte. Un coach professionnel n’avance en principe pas “masqué” vis à vis de son coaché et pourtant le sens du secret et savoir ne pas être toujours complètement lisible peut constituer un espace d’expression plus libre pour laisser plus de place au coaché.

[…] Tout esprit profond a besoin d’un masque. Je dirai plus encore : autour de tout esprit profond grandit et se développe sans cesse un masque, grâce à l’interprétation toujours fausse, c’est-à-dire plate, de chacune de ses paroles, de chacune de ses démarches, du moindre signe de vie qu’il donne.

Nietzsche Par de là le bien et le mal

En cette période de crise sanitaire, en plus des gestes barrières et de la distanciation sociale (oh le vilain mot, je préfère 100 fois parler de distanciation physique), le port du masque est devenu obligatoire dans pratiquement tous les lieux publics. Et combien il est utile de le porter pour limiter la transmission du virus !

C’est clairement quelque chose de pénible à supporter, on respire moins bien, on communique moins bien, on ne discerne plus les traits du visage (sinon les yeux) de son interlocuteur. Et nous serons tous plus heureux le jour venu de nous débarrasser joyeusement de ces masques. Sans parler des sourds et malentendants pour lesquels la lecture sur les lèvres devient impossible avec un masque.

Le masque fait partie, avec d’autres contraintes, des injonctions qui nous privent de liberté, et si nous les transgressons nous pouvons être punis.

Et puis au hasard d’une lecture je tombe récemment sur ce texte de Nietzsche qui nous fait réfléchir à l’intérêt du masque sur le plan symbolique et philosophique, j’ai trouvé intéressant de creuser la question au travers des cultures et de l’histoire, et de replacer le masque dans la question du secret du secret. 

La contrainte du masque ne peut-elle pas constituer une opportunité ?

Avec l’arrivée du masque dans nos vies, chacun d’entre nous imagine un autre monde : un monde plus froid, sans interactions sociales ni émotions. Mais l’espace public était-il, avant le masque, aussi convivial que ça ?

Cette dernière question est assez large (elle a été évoquée par une chronique de Géraldine Mosna-Savoye il y a quelques temps sur France Culure) ; il s’agit autant de savoir comment chacun d’entre nous va s’en accommoder, que de découvrir ce qui va être bouleversé dans nos rapports sociaux. Comment appréhender l’autre quand son visage est à moitié caché ? Que révéler de soi quand il ne reste que son front, ses sourcils et ses yeux, et plus son éventuel sourire ? 

Au fond, un des enjeux est là : il s’agit de savoir comment interagir quand on ne peut plus totalement compter sur ses expressions faciales. Avec une crainte majeure : que nos rapports se compliquent et deviennent même impossibles. Et c’est vrai, comment, par exemple, apaiser une relation sans un sourire ? Comment exprimer son scepticisme sans une bouche pincée, ou sa colère sans montrer qu’on serre les dents ?!

Mais je me demande : nos relations, jusque-là, étaient-elles si faciles que ça ? Un sourire suffisait-il vraiment à désamorcer une situation ? Et d’ailleurs, est-ce qu’on souriait, est-ce qu’on se souriait tant que ça ? C’est comme si tout à coup, bizarrement, les masques nous dévoilaient que nos visages étaient là, visibles, totalement offerts à l’autre… mais là est ma question : était-ce tout à fait le cas ? Étions-nous si visibles et lisibles que ça sans nos masques ? Notre visage découvert n’était-il pas déjà masqué ? 

Nous connaissons les raisons du port du masque (pour faire face au virus) tout en le craignant (pour nos relations sociales), il faut reconnaître que celui-ci a également un autre mérite paradoxal : celui de nous révéler, par la dissimulation qu’il implique, l’état de nos rapports aux autres… mieux, il a le mérite de nous révéler ce qu’on en attend, l’état rêvé de ces rapports sociaux, leur état idéal, idéalisé en tout cas de ce qu’ils étaient ou devraient être. 

Et en effet, à écouter les inquiets du masque, on a l’impression que c’était mieux avant : avant l’épidémie, la distanciation physique et les gestes barrières, paraît-il qu’on était proches, accessibles, disponibles.

Pourtant, quand j’y pense, je dois dire que je n’ai pas tout à fait le même souvenir : je n’ai pas le souvenir d’avoir souri tous les matins en entrant dans le métro, ou au contraire, tout le temps, fait la tête. J’étais, je crois, surtout le plus souvent impassible, indifférent, perdu dans mes pensées… même chose dans la rue ou dans un magasin, tout occupé à moi-même.

Et le constat vaut pour beaucoup d’entre nous : je n’ai pas non plus le souvenir de mines réjouies ou spécialement tristes dans les lieux publics, juste le souvenir de mines, de visages, d’yeux, de bouches et de joues. Mais pas d’expressions invitant à l’échange. Paradoxalement, je suis même plus attentif à m’exprimer ou à tenter de déchiffrer l’autre, aujourd’hui avec le port du masque que sans… je suis plus soucieux de ne pas passer à côté de quelque chose ou quelqu’un. Je trouve d’ailleurs assez touchant d’essayer de percevoir une expression seulement dans le regard.

En étant un brin provocant j’irai jusqu’à dire pourquoi tant d’inquiétude si non seulement, ce n’était pas mieux avant, mais si c’est peut-être même mieux maintenant ? 

Au fond, je me pose la question : si ce n’était pas mieux avant, si nos interactions sociales n’étaient pas idéales, et si l’épidémie peut nous pousser à être plus attentifs aux autres, à développer d’autres biais pour s’exprimer, qu’est-ce qui fait alors tant peur que ça dans le masque ? Est-ce le côté aseptisé de l’objet ? Est-ce la distance spatiale ? Est-ce la dimension inaccessible des uns et des autres ? Ou alors, peut-être est-ce l’idée de dissimulation ? J’ai l’impression qu’on respecte plus facilement les distances spatiales depuis qu’on porte des masques. Je me rappelle les toutes premières phases de l’épidémie en France, limitées aux gestes barrière : c’était bizarre de rester à 2 mètres d’autrui sans aucune autre modification dans le paysage visuel. Tandis que les masques viennent valider, confirmer dans notre champ visuel, à chaque instant, la nécessité de garder nos distances (alors même qu’on pourrait s’approcher, puisqu’on porte des masques). Je trouve que nous sommes un peu fétichistes : si tu me demandes de rester à 2 mètres à cause d’un virus invisible, je suis sceptique et j’oublie. Si tu me demandes de rester à 2 mètres d’une personne masquée, je trouve ça plus logique et facile à respecter : « puisque la personne a un masque, il y a donc un danger » …

Refus du secret et amour de la transparence 

Il apparaît, à travers le rejet du masque, qu’il n’y a rien de pire pour beaucoup de nos concitoyens que ce qui semble secret, caché, occulté.

Sauf quand ça nous arrange : nous sommes plutôt contents de ne pas avoir la transparence totale sur l’origine du cacao dans nos tablettes, ni la biographie du porc dont on en achète un bout au supermarché. 

 Il y a certes des désirs de transparence forts chez certains, et la transparence comme objectif pour guider l’action publique, par exemple, me semble saine.

 Mais je ne suis pas sûr que les gens aient tant de mal que ça à accepter l’opacité. Certains diront « de toute façon, si c’était transparent, on ne comprendrait rien », d’autres : « si c’est dans l’intérêt de mon pays, je peux accepter le secret défense », et d’autres : « les journalistes vont trop loin, aujourd’hui on a des procès pour trois fois rien… ». 

Beaucoup se diront que s’ils étaient transparents avec le fisc, ils paieraient plus d’impôts, d’autres, que si l’on pouvait lire dans leurs pensées, ça ne serait pas triste. Nous avons chacun une expérience intime des mérites de l’opacité.

Pourquoi cette difficulté à accepter chez l’autre cette opacité qu’on se réserve allègrement pour nous-mêmes ? 

Pourquoi se scandalise-t-on du manque de transparence à certains moments bien précis, alors que nous choisissons de demeurer dans l’opacité à d’autres moments ? 

Le scandale vient de ce masque qui montre qu’on ne montre jamais tout. D’où cette autre question : pourquoi cette difficulté à accepter que la transparence soit une chose impossible, et même pas souhaitable ?

La réflexion de Nietzche vient sur ce point bien à propos : « tout ce qui est profond aime le masque…il y a des phénomènes d’une sorte si délicate, qu’on ferait bien de les protéger sous quelques grossièretés afin de les rendre méconnaissables…autour de tout esprit profond se développe en permanence un masque. » Typiquement, quand on fait une chose par pure gentillesse, on aime prétendre, souvent sur la forme de l’humour, qu’on le fait par intérêt :

– merci d’être venu m’aider à peindre le plafond !  

– Ne t’inquiète pas, je compte bien t’exploiter à mon tour quand je déménagerai !! (Ce qui est faux : je ne suis pas allé les aider dans l’espoir d’un retour sur investissement… du moins pas sous cette forme). Je ne comprends pas le pourquoi de cette pudeur, mais elle correspond pas mal à la formulation de Nietzsche dans le même passage : « Il est des actions inspirées par l’amour et une générosité sans borne qu’il faut faire oublier en rossant à coups de bâtons celui qui en a été témoin »

Deux citations que j’aime bien font écho à ce propos :

Une du Soljenitsine qui avait connu l’enfer du Goulag : « Notre liberté repose sur ce que les autres ignorent de notre existence ».

Et une plus provocatrice d’Oscar Wilde : « Un peu de sincérité est chose dangereuse, beaucoup de sincérité est absolument fatal ».

Sans compter sur le célèbre « Larvatus prodeo » de Descartes : j’avance masqué. Comment ne pas évoquer l’apparent paradoxe issu de cet aveu explicite : celui qui allait consacrer toute son œuvre à la recherche de la vérité aurait-il usé sans scrupules de stratégies de dissimulation ? L’œuvre de dévoilement des sciences appelée de ses vœux, la nécessité de soumettre toute certitude apparente à l’épreuve du doute sont-elles réellement compatibles avec le port d’un masque, fût-il salutairement légitime ?

 Au travers de plusieurs cultures et des époques différentes on découvre tout une série de fonctions différentes des masques.

Le masque, destiné à dissimuler, représenter ou imiter un visage, assure de nombreuses fonctions, variables selon les lieux et l’époque. Simple divertissement ou associé à un rite, œuvre d’art ou produit normalisé, il se retrouve sur tous les continents. Il est tantôt associé à des festivités (HalloweenMardi gras), tantôt à une fonction (chamanisme, relique funéraire). 

Je ne développerai pas les fonctions techniques des masques : masque de protection, de protection, à gaz, à oxygène, médicaux, anti-mouches, de l’apiculteur, masque de plongée ou de combat…

Je m’intéresserai davantage par exemple par exemple aux fonctions esthétiques, culturelles et ludiques du masque.

Au niveau esthétique le masque a inspiré de grands artistes comme Auguste Rodin, Pablo Picasso, Georges Braque. L’utilisation magique et mystique du masque a en particulier inspiré ces artistes. Picasso était particulièrement influencé par l’art africain dans lequel les masques ont une fonction essentielle. 

 Dans le théâtre grec antique et son héritier le théâtre romain , le théâtre masqué balinais, la commedia dell’arte, le  japonais utilisent exclusivement des masques.

Dans le théâtre No par exemple il existe 138 figures différentes le masque correspondant à chaque personnage est « rigide », fixe. Dans ce cas, qu’est-ce qui assure dans le théâtre nô l’expression des émotions, que le visage ne peut plus assurer ? On souhaite que le visage réel de l’acteur n’apparaisse pas et soit masqué peut-être car il viendrait parasiter une figure symbolique que tout le monde reconnaît et dont le rôle doit être en quelque sorte sacralisé. Le masque sert non seulement à cacher le visage mais aussi à représenter un autre être, différent de celui qui le porte. Cet être peut représenter tour à tour une force naturelle d’origine divine, un guérisseur ou un esprit, un ancêtre qui revient pour bénir ou pour punir, un esprit de la mort ou de la forêt.

Le masque dans d’autres coutumes permet des licences temporaires qui ne seraient pas possible sans.

Des masques ludiques permettent des licences comme la bauta vénitienne qui en est un des plus célèbres. En cachant son visage aux personnes qu’il rencontre, le masque autorise son porteur à jouer un rôle tout différent de sa propre personnalité, avantage notamment recherché à l’occasion des carnavals et bals masqués. Ils peuvent aller du simple loup aux constructions les plus élaborées, en cuir, en papier mâché, en bois, peints, ornés de plumes et de joyaux. On retrouve cette fonction du masque dans les carnavals de nombreuses coutumes.

Stanley Kubrick a fait une belle représentation de cette fonction licencieuse dans le film Eyes wide shut.

Pierre Lemaître dans son roman « Au revoir là-haut » revient notamment sur les Gueules cassées de la Première guerre mondiale. 

Un des poilus au visage complètement arraché refuse vigoureusement les masques que lui proposent les chirurgiens militaires après la guerre : cela lui apparait comme une nouvelle violence, une nouvelle façon pour l’État de conserver la possession de son corps pour y passer ses messages (en l’occurrence : regardez, on s’occupe de nos soldats, on leur donne des prothèses à la pointe de la technologie !). 

Je peux choisir mon masque, mais souvent, je porte un masque peint par les autres sur mon visage / on peut considérer que je le peins moi-même, mais en recopiant les autres en fait (par conformisme, mimétisme, désir d’être accepté). 

Une fonction plus méconnue est le masque de la honte :  Certaines sociétés font revêtir un masque d’infamie à ceux qu’elle veut discréditer, comme une sorte de peine afflictive et infamante, au même titre que le pilori. Schandmaske ou Scold’s bridle, masque de châtiment, d’humiliation publique, particulièrement en Europe de l’Ouest au xviième siècle. C’est le Klapperstein en Alsace.

Sur un plan plus psychologique il est intéressant de s’interroger sur les masques des rôles sociaux que nous adoptons parfois pour incarner un personnage en société. Le mot latin Persona désignait le masque de l’acteur. 

Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l’acteur l’apparence du personnage qu’il interprétait, mais aussi de permettre à sa voix de porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs : per-sonnare.

Puis il a signifié le personnage ou le rôle. « Personne » et ses dérivés en proviennent. Carl Gustav Jung reprend ce terme vers 1920 pour désigner une instance psychique d’adaptation de l’être humain singulier aux normes sociales.

D’une façon très générale, la persona est le masque que tout individu porte pour répondre aux exigences de la vie en société. La persona donne à tout sujet social une triple possibilité de jeu : « apparaître sous tel ou tel jour », « se cacher derrière tel ou tel masque », « se construire un visage et un comportement pour s’en faire un rempart » (Dialogue du moi et de l’inconscient).

Nous prenons un visage de circonstance, nous jouons un rôle social, nous nous différencions par un titre (docteur, professeur, maître, colonel, etc.), autant d’effets de cette fonction psychique que la persona recouvre. Si le sens de « masque » semble porter une connotation négative, en fait la persona correspond à une fonction générale de socialisation dont l’aspect « duperie » est plus l’exception que la règle.  « Avancer masqué » ne devrait donc pas avoir de connotation négative : on avance toujours masqué ! Et quand on choisit de se montrer transparent à tel moment, ça peut être une mise en scène !  

Qu’est-ce qui me permet d’être sûr de ma sincérité lorsque je tombe le masque ? Ne suis-je pas en train de jouer un personnage qui met en scène l’accès à son intimité, à des fins de séduction ? 

S’adapter à la société (« faire sa place au soleil ») est une nécessité qui remplit toute la première partie de la vie humaine. Cette tâche d’intégration sociale exige de chaque sujet un investissement considérable d’énergie. Elle oblige à cacher des pans entiers de la vie intérieure et à laisser en friche une partie des possibilités créatrices de l’individu. En même temps elle permet de développer des capacités créatives collectives. Durant tout ce temps, la persona est d’une importance capitale. Le sujet se doit d’apprendre à maîtriser les structures d’adaptation. Mais l’adaptation, plus ou moins réussie selon les cas, n’est pas, selon Jung, la finalité de la vie psychique. Elle ne représente qu’une condition pour pouvoir, dans la seconde partie de la vie, aller « à la découverte de son âme » (on dirait aujourd’hui devenir soi-même). Pour nombre de sujets sociaux, la « crise des quarante ans » (la « demi-vie » selon l’expression jungienne) est d’abord une crise de la persona ; 

Le film Persona d’Ingmar Bergman est largement inspiré du travail de Carl Gustav Jung.

Rogers Caillois écrivain et sociologue né en 1913, dans « les jeux et les hommes » explique ce goût de l’homme de se déguiser, de se travestir, de porter un masque, de jouer un personnage. Au carnaval, le masque ne cherche pas à faire croire qu’il est un vrai marquis, un vrai toréador, un vrai Peau-Rouge (il ne dupe pas) il cherche à faire peur et à mettre à profit la licence ambiante, elle-même résultat du fait que le masque dissimule le personnage social et libère la personnalité́ véritable. L’acteur non plus ne cherche pas à faire croire qu’il est pour de vrai. La règle du jeu est unique elle consiste pour l’acteur à fasciner le spectateur, en évitant qu’une faute conduise celui-ci à refuser l’illusion ; elle consiste pour le spectateur à se prêter à l’illusion sans récuser de prime abord le décor, le masque, l’artifice auquel on l’invite à ajouter foi, pour un temps donné, comme un réel plus réel que le réel. 

Un ami comédien me rappelait que deux écoles s’affrontent sur ce point. Et c’est Brecht qui a initié cet affrontement en créant La Distanciation. Oui ce terme surgit avec la pandémie et vient du théâtre.

 Donc soit le comédien se regarde jouer et manipule son personnage, et ne cherche pas à faire croire qu’il est pour de vrai… c’est la “Distanciation brechtienne” soit il vit réellement son personnage et là il fait croire qu’il est vrai… c’est la façon antique et première de “jouer la comédie”.

Mais il est intéressant de voir la Distanciation de Brecht croiser les masques pandémiques ou finalement chacun cherche à faire croire qu’il est un bon citoyen surtout masqué, mais qui râle de devoir se voiler la face… pour de vrai.

Conclusion :

Le masque fait partie avec d’autres contraintes du climat à la fois inquiétant et infantilisant dans lequel nous a plongé l’épidémie de Covid 19. Nous sommes soumis à des injonctions qui nous privent de libertés essentielles, et si nous les transgressons nous pouvons être punis.

Certains ont pu voir aussi le masque comme un bâillon destiné à nous empêcher de parler ou de nous révolter : une mesure de contrôle social.

Ce point de vue, répandu, me semble avoir deux limites importantes :

1/ ça pourrait vouloir dire qu’avant la pandémie, on vivait dans une société super ouverte sans systèmes d’oppression et de domination, ce qui est faux (de même qu’on ne se souriait pas tout le temps avant le 15 mars)

2/ il me semble que le masque n’apporte aucun gage de contrôle social supplémentaire aux « puissants », mais au contraire il peut limiter l’effet des systèmes de domination et d’oppression existants : à force de moins prendre le métro, de travailler moins, d’aller moins à l’école (système de domination chargé de reproduire et de justifier les inégalités) de consommer moins, on risque de se mettre à réfléchir !

Plutôt que de gémir nous pouvons inverser la réflexion et être à la fois confiants et inquiets. Confiant car, comme après chaque catastrophe, on est contraint d’inventer une nouvelle manière de vivre ensemble (le masque n’en est qu’un aspect, pourquoi ne pas essayer d’en jouer ?).

 Une partie d’entre nous va éprouver la nécessité de se questionner, et si on ralentissait l’économie ? Et si on faisait une agriculture locale ? Et si on mangeait moins de viande ? Puisque ces phénomènes d’hyper consommation et d’hypermobilité sont liés à la pandémie. 

On peut également être inquiet car une partie d’entre nous va dire, au contraire, qu’il faut rattraper le temps (l’argent) perdu et remettre en place les processus qui nous ont conduits là.

Pour revenir à Nietzsche, le grand philosophe se serait sans doute abstenu d’entrer dans la polémique. Il aurait rappelé sa thèse fondamentale selon laquelle les valeurs auxquelles nous adhérons, ce que nous appelons le bien et le mal, le vrai ou le faux, se fondent toujours sur des raisons psychologiques personnelles et historiquement datées.  

Portons un masque, c’est un geste citoyen mais ne nous voilons pas la face !

Masque Vénitien

L’écoute flottante

La minute du coach Zen : l’écoute flottante. L’écoute flottante est un concept de psychanalyse que l’on peu utilement adapter en cette époque de multiplication des échanges digitaux. Pour Freud cette écoute caractérise, la fluidité, la souplesse, la mobilité d’une écoute qui se laisse porter par le discours de l’analysé. Je trouve intéressant d’appliquer ce concept à la période actuelle des webinaires, zoom et autre vidéo conférences. Il n’est pas interdit sauf si on est passionné par le sujet, d’avoir une écoute distraite, de prêter l’oreille en partie mais pas toute, d’avoir une vision hélicoptère du discours. Nous pourrons en retirer une saveur, une ambiance, quelques détails intéressants parfois. Ceci n’interdisant pas, au cas où les échanges deviennent soudain plus intéressants, de faire atterrir notre hélicoptère et d’y prendre part. hashtag#coaching hashtag#sérénité hashtag#écrans hashtag#centreinternationalducoach hashtag#aircoachpro hashtag#Sfapec hashtag#méditation

Le pilotage émotionnel des organisations dans la situation de crise sanitaire liée au Covid 19 : les bonnes surprises

Toutes les périodes sont favorables à l’innovation et à la créativité, mais la période de crise sanitaire que nous avons vécu et vivons, en cette rentrée de septembre, l’est encore davantage car l’instinct de survie et la peur, poussent à chercher des solutions et à nous mettre sur le chemin de solutions créatives.­­­­­­­­­­­­­­­­­ Les guerres – le Président Macron a bien employé ce mot pour le Covid – notamment, ont toujours été favorables à l’innovation. Ce sont des moments où le besoin d’invention se fait davantage ressentir.

L’entreprise a su être agile face à une situation de turbulence brutale. Elle a su développer le télétravail, le management distanciel, un virage à 180° pour faire face à de nouveaux modes de consommation… Les dirigeants et les collaborateurs ont souvent su être résilients et agiles. Comment faire pour capitaliser sur ces talents ? Comment s’assurer que dans une période durable d’incertitude, cette agilité perdurera ?

La grande innovation de la crise : Le télétravail

Un bouleversement des conditions de travail. Riche en émotions et porteur d’aspects positifs et négatifs. 9 personnes sur 10 considèrent que le télétravail sera une composante essentielle de leur quotidien professionnel dans les années à venir… Mais 57% pensent qu’il crée des fractures au sein de l’entreprise. Une enquête récente auprès des DRH (Le Monde du 15 septembre 2020) montre que le télétravail entraîne une baisse des interactions sociales et du sentiment d’appartenance à l’entreprise, moins de cohésion entre les salariés en télétravail et les autres, une hausse des risques psycho-sociaux (surcharge de travail, stress), une baisse de la créativité et de la capacité à résoudre des problèmes. Tout ne serait donc pas rose dans cette nouvelle pratique. Un chef d’entreprise me disait récemment que l’intégration des nouveaux qui dans son cas se faisait au sein de l’open space sera plus difficile.

Il s’agira donc de s’interroger sur les conditions d’exercice du télétravail et plus généralement sur ces nouveaux modes de travail, sur le cadre espace-temps, la notion d’autonomie et celle d’isolement.

Cela entraîne un nouvel exercice des responsabilités, de l’interdépendance des tâches, une attention à porter à la motivation, un risque de disparition des dynamiques de groupes. Le télétravail ne pouvant pas s’exercer de la même façon suivant les entreprises et les fonctions.

Nous voyons comment aujourd’hui, depuis la rentrée, le télétravail et le travail en présentiel peuvent, dans certains cas, être alternées harmonieusement. La crise aura servi à lever les préventions définitives que certaines entreprises avaient envers le télétravail. Le travail en présentiel devant se faire aujourd’hui en respectant les gestes barrières et le port du masque entraîne aussi, pour le temps de la crise sanitaire, certaines difficultés de communication mais également des précautions et une attention à l’autre qui ne comportent pas que des aspects négatifs. Ne nous voilons pas la face (!), la fin de l’obligation du port du masque constituera un vrai soulagement.

Quelques premières pistes : l’attention aux émotions des collaborateurs

Comment mon vécu personnel et professionnel, mes émotions, celles de mes collaborateurs vont influencer nos « rituels » managériaux de demain ? Comment analyser le vécu émotionnel de l’équipe pendant cette période et le vécu de l’entreprise prise comme un corps vivant ? Quelques suggestions à ce sujet :

  • Accompagner la transformation des modes et outils de communication interne,
  • Anticiper les décrochages dus aux particularités du télétravail,
  • Reconstituer la dimension affective du travail en équipe,
  • Travailler la croissance relationnelle à distance,
  • Accompagner l’organisation du cadre temps, de l’espace et des modes de travail,
  • Identifier et gérer le stress et les blocages humains à distance et en présentiel.

Crise et frugalité : un beau champ d’exercice de la créativité

Première constatation au cours de la crise : tous les collaborateurs n’ont plus été ou ne sont plus complètement disponibles, tous les clients n’ont plus été joignables ou en activité. Que faire ? Comment ce traumatisme terrible peut-il me rendre plus fort s’il ne me tue pas.

Une piste : changer de logique. Inverser le schéma classique : diagnostic, stratégie, plan d’actions et indicateurs. Voir quelles sont les actions possibles et ensuite, les faire remonter progressivement pour réviser la stratégie.

La métaphore est celle du frigo le dimanche soir. Il est trop tard pour faire les commissions, j’ouvre le frigo et je regarde ce que je peux faire comme recette avec ce qu’il y a (référence au Jugaad). Et à cette occasion dans une situation de frugalité (et de légère angoisse) il est possible que je découvre des innovations intéressantes, des pistes auxquelles je n’aurai pas pensé avant. Les émotions individuelles ou collectives deviennent créatrices de valeur ajoutée et d’innovation.

L’élément humain au cœur de l’intelligence émotionnelle

Comment gérer les émotions Covid et être créatifs ? Les impacts psychologiques de la crise et le temps nécessaire vers « un retour à la normale » (à quel horizon ?) sur le volet humain sont complexes à maîtriser notamment sur la capacité des collaborateurs à reprendre progressivement pied dans le réel, croisée avec les impératifs de la reprise d’activité.

Plus que jamais le management doit être porté par le « care » (le soin) dans tous les dispositifs de savoirs voir /être /dire et par l’intelligence émotionnelle et relationnelle.

L’exercice du travail dans ces nouvelles conditions représente des contraintes pour tous et diffère de ce qu’on a pu connaitre ou vivre lors de précédentes crises. Ces presque deux mois de confinement et la période actuelle de reprise totale ou partielle, éprouvent les collaborateurs. Chacun d’entre eux aura vécu et vit la situation, professionnelle et/ou personnelle à sa manière et apporte des expériences et ressentis qui lui sont propres.

Beaucoup sont heureux de se retrouver physiquement et en bonne santé, mais l’épidémie de Covid 19 aura laissé des traces plus ou moins marquées sur chacun et le management en situation de crise sanitaire (dont la durée n’est pas définie – source de stress supplémentaire) a dû probablement être impacté.

L’écoute, l’attention à l’autre et le respect de nos règles fondamentales de sécurité rythment notre quotidien. Pour aider les managers à appréhender cette période sereinement, voici quelques pistes qui ont pu permettre la reprise de l’activité dans les meilleures conditions possibles. Il s’agira de prendre le temps de se retrouver collectivement et montrer des marques d’attention de façon différenciée, l’impact psychologique du Covid n’étant pas le même pour chacun. Il est essentiel de favoriser des temps de partage individuel et/ou collectif pour connaitre et comprendre ensemble le vécu de chacun et ses interrogations. Il s’agit également de maintenir le lien collectif, clé de réussite de la période de crise sanitaire qui se poursuit. Les managers doivent être particulièrement attentifs les uns aux autres et renforcer les marques d’attention auprès de leurs équipes et collègues.

Quelques pistes :

  • Redonner force aux collectifs physiques autour de nos valeurs et notre expérience de la crise,
  • Favoriser des temps/moyens de retour d’expérience qui peuvent inspirer « l’après » du collectif,
  • Considérer la situation des managers et des collaborateurs pendant la crise et organiser au plus près les temps de discussion. La capacité des managers à savoir animer le collectif est plus que jamais déterminant.
  • Savoir mobiliser les équipes : écoute et soutien, droit au questionnement, retrouver l’énergie collective, utiliser l’humour,
  • Prendre en considération l’impact émotionnel de la crise sur les collaborateurs : mettre en place des modalités d’accueil et de réassurance adaptées aux collectifs,
  • Évaluation que l’on fait de la situation émotionnelle que nous vivons :
    • Quelle évaluation a été faite de la situation ?
    • Quelles ont été les modifications expressives et comportementales des collaborateurs ?
      – Tendance à l’action
      – Ressenti de l’émotion

Donner du sens et rassurer 

  • Porter dans cette phase de rentrée en période de Covid, un discours humble, authentique et transparent qui met la sécurité des collaborateurs comme la colonne vertébrale de la reprise et un engagement d’employeur majeur.
  • Organiser une prise de parole rythmée ritualisée incarnée par le directeur général et le top management.
  • Rassurer sur l’utilité de chacun et valoriser les prouesses dans tous les métiers qui ont permis de relever la période de confinement et ont accompagné la reprise, pour souder le collectif autour de notre raison d’être et de notre utilité. Des vocations ont pu naître et naissent encore du fait de la crise. Il s’agit de valoriser celles qui peuvent être pérennes.
  • Capitaliser sur l’expérience de la crise et ses impacts individuels profonds pour poursuivre la dynamique de transformation managériale.
  • Co-construire avec les managers un nouveau modèle managérial fondé sur la prise en compte de l’humain : groupes de travail sur la posture et les leviers qui leur permettent d’aborder leur rôle d’accompagnateur et transformateur, développement des bonnes pratiques et des compétences requises, identification des marges de manœuvre et des modalités opérationnelles /organisationnelles efficientes.
  • Reprendre l’accompagnement des managers sur leurs problématiques métier au quotidien : traitement des éléments perturbateurs, innovation participative, pair à pair.
  • Valoriser l’utilité des managers et des collaborateurs de tous métiers dans leur activité, en les fédérant autour d’un projet d’activité porteur de sens, qui donne sa place à chacun.

Pour donner du sens et rassurer une réflexion sur les émotions paraît utile

En matière d’émotions, il sera utile de comprendre le vécu émotionnel pendant la crise sanitaire actuelle :

  • Identifier les déclencheurs, qu’est-ce que ces émotions me disent de la situation, de l’attention que nous y avons porté, de l’évaluation que nous en avons faite ?
  • Analyser comment sont gérées ces émotions :
    • leur chronologie,
    • leurs conséquences,
    • dans le cas d’une nouvelle crise avons-nous des émotions cible ?
    • Est-il pertinent de mettre en place une stratégie de régulation émotionnelle ?
  • Analyser aussi comment mieux utiliser les émotions :
    • Savoir activer les émotions aidantes,
    • Accepter et s ’adapter à l’émotion de l’autre,
    • Utiliser les émotions dans le traitement de l’information, la communication, la préparation à l’action, la prise de décision et l’amélioration de la relation pour mieux comprendre les besoins de chacun.

Cette réflexion a été menée dans le cadre du laboratoire de recherche du Centre International du coach, Partenaire de ComProfiles, dont le sujet sur 2019-2020 est l’émotion de l’entreprise

Texte de Pierre Illenberger
Coach avancé ComProfiles
Septembre 2020

La 3ème main ou comment entamer une cure sans écrans

Homme qui travaille sur son ordinateur.

La 3ème main ou comment entamer une cure sans écrans ?

 En ces temps de confinement, si nous n’y prenons pas garde, le téléphone portable devient tellement présent dans nos vies qu’il nous faudrait bientôt presque une troisième main pour pouvoir l’avoir en permanence à notre disposition. De façon plus large, les écrans, ordi, tablette, télé, peuvent devenir très vite envahissants.

 C’est également vrai que ces nouvelles technologies nous permettent de communiquer plus vite, de télétravailler et d’obtenir des informations précieuses en particulier en cette période si particulière d’isolement forcé. Elles nous permettent de rompre avec une solitude qui serait bien pénible pour certains. Mais ne sont-elles pas aussi une nouvelle forme d’aliénation, une occasion de gâcher de belles plages de temps pour des choses futiles ?

 On sait que les enfants exposés sans arrêt à la télévision risquent d’avoir un vocabulaire et des dessins pauvres, voire d’avoir plus de chance de devenir obèses. Au point que les grands patrons de la Silicon Valley envoient leurs enfants dans des écoles sans écrans. De plus quelles sont les valeurs souvent véhiculées par les écrans : consommation, violence, sexe, assénées à coup de campagnes marketing massives. Bref le menu est rarement de grande qualité.

 Existe-t-il donc une bonne manière d’utiliser ces merveilleux outils pour ne pas en devenir esclaves ? Nous sommes dans une relation addictive avec ces écrans en particulier dans la période actuelle. Nous ne sortons pas (même juste pour l’heure autorisée) sans notre mobile et nous regardons nos mails sans arrêt. Certains l’ont même près de leur lit et c’est la première chose qu’ils consultent quand ils se réveillent.

 La période de confinement actuelle pendant laquelle l’achat de biens et de services est plus compliquée pourrait nous inciter à une forme de sobriété dans nos achats qui ne nous rende pas forcément tristes. Pourquoi ne pas appliquer cette sobriété vis à vis de la consommation d’écrans ?

 Comment expliquer notre addiction aux écrans ? Les sociétés actuelles sont pléthoriques à bien des égards. Sauf pour les personnes qui sont dans le besoin (et celles-ci souffrent encore plus dans la période actuelle), l’accès à une nourriture surabondante est facile. Cette pléthore est toxique. Nous avons pu voir en début de confinement cette peur de manquer à l’œuvre avec des personnes achetant 10 kg de farine (ton voisin veut-il devenir boulanger ?) ou remplissant un caddie de papier toilette (mourir peut-être mais surtout les fesses propres). Et puis progressivement cela s’est calmé, ouf nous savions que nous ne manquerions de rien. Mais revenons aux écrans, les nouvelles technologies nous amènent à un état de surconsommation et de sur sollicitation en informations et en distractions qui se rapproche de la surabondance alimentaire.

 Les écrans il faut le reconnaître sont de magnifiques outils pour entrer en contact avec la culture. Récemment en soutien aux personnel soignants et à toutes les personnes qui font tourner le pays (agriculteurs, personnels de supermarché, …la liste est longue), les danseurs de l’Opéra de Paris ont fait une vidéo splendide tournée de chez eux. Nous pouvons faire des visites virtuelles de musée, écouter des concerts, des conférences, et aussi rire à des blagues bien drôles parfois. Mais le risque est de n’avoir un accès, un contact avec le monde qu’à travers eux.

 Ces nouvelles technologies sont une chance extraordinaire si nous savons les garder à distances pour une bonne partie de nos vies. Il ne s’agit pas de revenir en arrière. Mais il faut être conscient que les nouvelles inégalités se construisent autour de ceux qui ont un usage raisonnable des écrans et ceux qui en abusent. Je me suis aperçu du gros avantage d’un geste simple par exemple, éloigner son portable de sa chambre et en observer les effets, on lit plus, on peut avoir un temps de méditation au sortir de ses rêves. Bref ce simple geste d’hygiène de comportement a des effets plus que positifs sachant qu’en plus on dort mieux après avoir lu un livre qu’après avoir regardé son portable. Pour y arriver on peut aller dans des endroits sans connexion, se mettre en mode avion, ne pas emmener son téléphone pour faire une balade (comme nous pourrons bientôt le faire).

 Je trouve que le parallèle avec des confiseries ou du chocolat est un bon guide pour savoir se fixer des garde-fous vis à vis des écrans. C’est délicieux d’en manger mais dangereux d’en abuser en permanence. Le travail de la méditation de pleine conscience (par exemple en suivant la méthode MBSR – Mindfulness Based Stress Reduction- de Jon Kat Zin, est une bonne voie pour s’accorder des plages de décrochage du monde virtuel. Quel bonheur aujourd’hui de décrocher des chaînes d’info en continue ou des radios qui sont devenues des robinets à infos sur le Covid.

 Réduire le temps consacré aux écrans c’est récupérer de la sérénité. Retrouver des temps de non-action, de rêverie, pourquoi pas de flemmardise, enfin déconnectés, ouf. Du temps pour faire les choses lentement aussi sans stress. Les SMS et autres mails attendront, le ciel ne va pas nous tomber sur la tête. Ceci est une piste se retrouver et aussi retrouver les autres car lorsque nous nous connecterons nous serons plus attentifs.

 Ne nous leurrons pas nous retomberons souvent dans le piège des écrans. Mais simplement si nous appliquons de petits gestes, nous pourrons en mesurer des effets positifs. Essayer la prochaine fois que vous faites la queue devant un boulanger (fréquent en ce moment) de regarder le ciel plutôt que vos mails et vous pourrez observer les effets que cela procure en vous.

 J’ai eu des jeunes gens en coaching qui étaient tellement accros au téléphone et aux jeux vidéos qu’ils en oubliaient de dormir. Quand ils ont progressivement récupéré une nouvelle hygiène de vie et ainsi se réapproprier du temps pour remplacer le virtuel par du réel, quel ne fut pas leur bonheur.

 C’est vrai qu’en ce moment le fait de parler à ces amis au téléphone est souvent un bonheur. Mais en cette période de printemps (respectant la distance d’un kilomètre 🙂 nous pouvons observer autour de nous des fleurs, la nature en mouvement, en ville un brin d’herbe qui pointe son nez entre deux pavés et cela nous fera plus de bien que d’avoir le nez collé à un écran. Et combien nous serons heureux de pouvoir nous réunir entre amis plutôt que de faire un apéro zoom (bonne idée d’ailleurs).